Une collection pour explorer les biais, les architectures narratives, les symboles et les normes qui orientent l’attention, la croyance et la décision.
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Marché réel vs marché cognitif
Une entreprise peut proposer le meilleur produit.
Un État peut disposer des meilleurs atouts.
Une organisation peut afficher les meilleurs résultats.
Mais si son environnement la perçoit comme fragile, illégitime, risquée ou dépassée, sa valeur réelle finit par être amputée.
C’est cela, le marché cognitif.
Pendant longtemps, nous avons considéré l'information comme une ressource.
Aujourd'hui, ce n'est plus l'information qui est rare, c'est l'attention.
Nous sommes exposés à davantage de données, d'actualités, de contenus et de discours que n'importe quelle génération avant nous.
Pourtant, les entreprises, les institutions et même les États peinent de plus en plus à convaincre, à fédérer et à susciter la confiance.
Un marché est un système de perceptions avant d’être un système économique.
Nous aimons penser que les marchés sont gouvernés par des faits : la qualité d’un produit, le prix, l’innovation, la performance. C’est vrai, mais seulement en partie. Car avant d’acheter, d’investir, de recruter, de voter ou de recommander, les individus interprètent la réalité. Ils se forgent une opinion, attribuent de la confiance, construisent du sens.
Pourquoi certaines organisations dominent-elles les esprits sans jamais hausser le ton?
Parce qu’elles ne communiquent pas : elles structurent la perception du réel.
C’est là qu’intervient un mécanisme clé, encore largement sous-estimé : l’architecture de confiance
On parle souvent de réputation, d’image, de notoriété. Mais ce sont des conséquences, pas des leviers.
❓La vraie question est ailleurs : sur quoi repose la confiance que l’on vous accorde?
Le Nation branding, que l’on peut définir comme étant l’application de principes de stratégie de marque à un Etat, est encore perçu comme une approche marketing destinée à valoriser l’image d’un pays. C’est sans doute cette perception réductrice qui a tenu à distance les chercheurs en sciences cognitives de ce concept complexe et polysémique. Pourtant, à l’analyse, il ressort que le Nation branding est en relation étroite avec ces sciences, que ce soit au niveau des processus de construction de marque nationale que de ses impacts sur les perceptions et comportements des publics-cibles (résidents, touristes, investisseurs, diasporas…). Dans un contexte généralisé de guerre cognitive multipolaire, le Nation branding, ainsi que son « bras armé », la Diplomatie publique, pourraient bien s’affirmer comme étant des atouts décisifs, tant au niveau de l’impact géo-politique qu’ils peuvent générer dans l’arène internationale, que de la résilience cognitive auxquels ils contribuent en fédérant des populations autour de narratifs identitaires cohérents. Il sera enfin inté-ressant d’aborder la thématique de la durabilité, que le Nation branding doit pouvoir intégrer à haut niveau pour qu’elle parvienne à structurer le développement économique des Etats, au Nord comme au Sud.